« DES MITRAILLEUSES D’ORCOASSENT LES LÉGENDES »

« DES MITRAILLEUSES D’ORCOASSENT LES LÉGENDES »

visée » d'Apollinaire me touche en plein coeur. Je lis ce poème comme le récit de la déflagration d'un obus dont la « visée » menaçante reste ignorée jusqu'à la dernière seconde par les très jeunes soldats finalement atteints par lui. Le poème-calligramme figure l'explosion tandis que la lettre de son texte me raconte son attente. Je « vois » un champ de bataille nocturne illuminé de proche en proche par des fusées éclairantes donnant à la robe des chevaux cette « couleur cerise », couleur rouge sang qui m'évoque la chanson si mélancolique des communards. Bien avant l'explosion du dernier vers, « des mitrailleuses d'or coassent ». Le sifflement des balles court dans l'allitération : visée, Zélandes, musique, invisible, fusée, paisible...

Après la suggestion d'une pluie battante, « harpe aux cordes d'argent », musique cristalline chantée par la lyre du poète, le poème bascule à la fois dans le vide de la page et dans l'attente de la bombe. Se détachant progressivemen ...

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Entretien

Aurélie Charon © S.Remael/Ed. L’Iconoclaste

Aurélie Charon
Autrice de C'était pas mieux avant, ce sera mieux après (L'Iconoclaste)

Nos livres

NUAGE ORBITAL, Taiyô Fujii, traduit du japonais par Dominique et Frank Sylvain, éd. Atelier Akatombo

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