« Des hommes tatoués, à l'air patibulaire »

« Des hommes tatoués, à l'air patibulaire »

Un journal intérieur où tout se broie et se brasse, sans clivage ni frontière, de l'ici-bas à l'outre-monde. Extrait de Solénoïde, fantasmagorie hypernaturaliste du Roumain Mircea Cărtărescu.

Il n'existe aucune maison normale dans la rue Maica Domnului, car la réalité même s'arrête ici. Même le temps normal n'existe pas. Quand tu entres sur cette voie, ce canal d'un autre monde et d'une autre vie, le climat change et les saisons n'ont plus ni queue ni tête. Ici, comme je l'ai écrit, règne en permanence un automne pourri et lumineux. La bande d'asphalte, déroulée va savoir quand sur la chaussée jadis pavée, s'est décolorée et elle est aussi rongée qu'un vieux chiffon. Elle est boursouflée par les surgeons livides des plantes qui poussent dessous. La rue est bordée de maisons anciennes, commerçantes, mais aussi de constructions de l'entre-deux-guerres, des petites villas qui furent autrefois fières et modernes. Mais ce qu'elles sont étranges, pourtant ! Chacune d'elles possède son appendice monstrueux ou seulement déplacé, la fantaisie d'un architecte qui semble avoir conçu une partie de l'édifice en plein jour et l'autre après avoir été tiré du sommeil en pleine nuit, con ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé