« Ceux que tente la religion devraient réfléchir à la poésie »

« Ceux que tente la religion devraient réfléchir à la poésie »

À l'occasion de la publication de textes anciens et de plusieurs inédits, le poète Yves Bonnefoy revient sur l'ensemble de son œuvre et sur la place de la poésie dans le monde contemporain. Une leçon d'exigence.

Votre parcours poétique, depuis soixante ans, s'est déployé, à partir de la rupture inaugurale avec le surréalisme, dans un dialogue incessant avec la peinture, la musique, et dans un creusement de l'œuvre en vers par les essais et la critique. Ce travail d'interrogation, de précision, d'explicitation, est-il rendu nécessaire par la crise qu'a connue la poésie au xxe siècle ?

Yves Bonnefoy. Vous me voyez heureux de cette première question, parce qu'elle touche à l'essentiel. Assurément la crise qu'a connue la poésie, en France en tout cas, depuis la chute du « principal pilier » - quand on a cessé de pouvoir écrire, et ressentir, et penser, comme faisait Victor Hugo dans ses ultimes poèmes -, cette crise a partie liée avec ce très remarquable événement, et qui dure : l'ouverture de la parole poétique sur les expérimentations des arts, peinture, musique, bien d'autres, et aussi sur la parole critique. Et la raison de ce besoin d'échange, assez souvent réciproque, est certainem ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé