« C'est une femme qui parle »

« C'est une femme qui parle »

Lettrée autodidacte et protoféministe, Marie de Gournay a partagé l'amitié de Montaigne puis a édité, après la mort de l'écrivain, la version la plus fidèle de son oeuvre.

Les relations entre Montaigne et Marie de Gournay (1565-1645) sont tissées de tant de légendes et chargées de tellement d'enjeux qu'on pourrait les raconter de plusieurs manières. On pourrait les décrire, d'abord, comme l'entente entre un auteur célèbre et une jeune lettrée. Cette rencontre des âmes n'est-elle pas le rêve de tout écrivain - celui de se trouver, au moyen de l'écrit, des frères et des soeurs en esprit (après l'ami Étienne, donc, l'amie Marie) -, complété en écho par le rêve de tout lecteur, de devenir le familier de l'être dont les mots ont touché son coeur ?

Sympathie fatale

Entrons donc dans cette histoire du point de vue de Marie de Gournay. Il faut d'abord se la figurer seule, jeune femme isolée dans le château de ses parents à Gournay-sur-Aronde, petit village de Picardie. En 1583, elle a 18 ans ; son père, modeste seigneur raisonnablement cultivé, est mort cinq ans auparavant. Ayant fait savoir à sa mère qu'elle refusait d'apprendre à fi ...

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