« Ce qui me frappe, c'est leur intelligence »

« Ce qui me frappe, c'est leur intelligence »

Dans La Guerre des pauvres, l'écrivain Éric Vuillard revient sur un soulèvement populaire du XVIe siècle, qui fait aujourd'hui écho au mouvement des gilets jaunes. Entretien.

« Je veux bien parler de politique mais à condition de le faire à partir de la littérature », prévient Éric Vuillard. Cela tombe bien : au terme d'une année trépidante à parcourir la France son Goncourt sous le bras (L'Ordre du jour, primé en 2017), l'écrivain fait paraître un nouveau récit qui se situe précisément à la jointure des deux. Dans cette langue brûlante et indocile dont il a fait sa marque, La Guerre des pauvres raconte le soulèvement sans précédent de paysans, de mineurs et de tisserands qui agita l'Europe de la Réforme, au coeur du XVIe siècle. Déclenchée par la levée d'une nouvelle « poll-tax » en Essex, l'insurrection se propage bientôt au Kent, puis à toute l'Angleterre, avant de renaître plus tard en Bohême, puis en Allemagne, et surtout en Thuringe, où elle atteint son paroxysme sous les harangues d'un certain Thomas Müntzer, véhément prêtre révolutionnaire qui exhorta les puissants à « s'humilier » devant les petits. Une fois de plus, le livre s ...

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