« Bâtir une société dans laquelle on peut se reconnaître »

« Bâtir une société dans laquelle on peut se reconnaître »

La philosophe italienne Michela Marzano, qui plaide pour l’avènement d’un langage de vérité, estime a contrario que les mondes politique, économique et médiatique dévaluent les mots et renient leurs promesses.

« Une société sans confiance est une société sans squelette », écrivez-vous dans L'Éloge de la confiance en 2010. Où en sommes-nous ?

Michela Marzano. - La situation ne s'est pas améliorée, au contraire, elle a empiré et rien n'a été fait pour reconstituer la confiance. On a continué à employer des mots dont la valeur est nulle, à promettre des choses sans être capable de respecter la parole donnée, notamment dans les trois domaines incriminés : politique, économique et médiatique.

Trois domaines qui sont liés. Si on pense à la campagne de François Hollande, en 2012, il avait par exemple promis de combattre la finance. À ce niveau-là, rien n'a été fait, et à la fin de son mandat le PS s'est décomposé. Les promesses principales n'ont pas été tenues, hormis le mariage pour tous. On retrouve des situations semblables dans les mondes économique et médiatique du fait des rapports qu'ils entretiennent entre eux. La méfiance à l'éga ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé