« On aurait tant voulu que le livre continuât »

« On aurait tant voulu que le livre continuât »

Proust est cruel à l'égard des bavards qui ne savent pas mettre un terme. Il réserve ce refus de la fin à la lecture, qui permet non de prolonger, mais de suspendre la temporalité sociale.

Les Guermantes ne peuvent se résoudre à finir. Pris d'une légère panique à l'heure de la séparation, ils résignent provisoirement le sentiment de leur supériorité, faisant assaut d'amabilités, toute morgue ravalée, dans l'espoir de faire durer encore un peu la conversation. C'est l'une de leurs particularités. Lorsque le héros de La Recherche observe chez le baron de Charlus le « même effort pour prolonger une minute » qu'il avait remarqué auparavant chez sa belle-soeur et cousine Oriane, il en déduit l'existence d'un « besoin Guermantes de prolonger indéfiniment des bavardages ». « Tout particulier à cette famille », où il est porté à l'intensité dramatique d'une passion, le besoin de « faire durer » n'en est pas moins présenté ultérieurement par le narrateur comme un trait qui caractérise le grand monde dans son ensemble - Mme Verdurin ne le cède en rien sur ce point à Oriane et à Charlus.

Plus généralement encore, par-delà le cas de figure du snobisme ou de la ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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